Mthode de rfrence et mthode sectorielle

La méthode de référence et la méthode sectorielle donnent souvent des résultats différents car la première est une approche « top-down » utilisant les données sur l'approvisionnement énergétique d'un pays alors que la seconde utilise des données détaillées sur l'emploi des différents combustibles dans chaque secteur.

Les estimations des émissions de CO2 fournies par les deux méthodes peuvent être comparées. Théoriquement, les chiffres de la méthode de référence sont supérieurs à ceux de la méthode sectorielle « 1A combustion » car une partie du carbone contenu dans le combustible n'est pas brûlée mais est considérée comme émission fugace (en tant que fuite ou évaporation lors du processus de production et/ou de transformation).

Le calcul des inventaires des émissions de CO2 avec les deux méthodes peut donner des résultats différents, comme on le constate pour certains pays. D'une manière générale, l'écart entre les résultats obtenus en appliquant les deux méthodes est relativement faible (5% ou moins) par rapport aux flux totaux de carbone concernés. Lorsque 1) les émissions fugaces sont proportionnelles aux flux massiques entrant dans les processus de transformation, 2) que les variations de stocks au niveau du consommateur final ne sont pas significatives et 3) que les écarts statistiques des données énergétiques sont faibles, on devrait obtenir, avec la méthode de référence et la méthode sectorielle, des évaluations similaires des tendances des émissions de CO2.

Des divergences importantes dans les données et/ou les déviations dans les séries chronologiques peuvent s'expliquer par plusieurs raisons, notamment :

Des écarts statistiques importants entre les approvisionnements énergétiques et la demande d'énergie dans les données énergétiques de référence. Les écarts statistiques proviennent de la collecte des données en différents points du flux de combustible allant de l'approvisionnement aux diverses transformations et utilisations. Ils font partie intégrante d'un bilan énergétique. Il convient alors de rechercher la raison de l'existence de toutes valeurs aléatoires élevées, mais aussi de valeurs plus petites montrant systématiquement un excès d'approvisionnement par rapport à la demande (ou vice-versa).

Des déséquilibres significatifs entre la masse des produits destinés à être raffinés (pétrole brut et autres produits d'alimentation des raffineries) et la masse des produits raffinés.

L'utilisation de pouvoirs calorifiques inférieurs et de contenus en carbone agrégés pour les produits primaires qui sont transformés et non brûlés. Par exemple, il peut apparaître qu'il n'y a pas de conservation de l'énergie ou du carbone en fonction des pouvoirs calorifiques et/ou des contenus en carbone du pétrole brut entrant dans les raffineries et du mélange de produits sortant des raffineries pour une certaine année. Il peut se produire avec la méthode de référence une surestimation ou une sous-estimation des émissions qui y sont associées.

L'affectation des quantités de combustibles utilisées dans le secteur de la transformation (à l'exclusion de la production de chaleur et d'électricité) ou dans le secteur énergie. Lorsque l'on rapproche la méthode de référence et la méthode sectorielle, il est important de s'assurer que les quantités reportées dans les secteurs transformation et énergie (par exemple pour les cokeries) reflètent correctement les quantités transformées et les quantités utilisées pour la consommation propre. Il convient de noter que les quantités de combustibles transformés en produits dérivés doivent avoir été reportées dans le secteur transformation du bilan énergétique ; si des produits dérivés sont utilisés pour alimenter le processus de transformation, ces derniers doivent être reportés dans le secteur énergie du bilan énergétique. Dans la méthode sectorielle, les entrants du secteur transformation ne doivent pas être inclus dans les données sur les activités énergétiques utilisées pour estimer les émissions.

Des informations manquantes sur certains produits issus de la transformation. Les émissions issues de la combustion de produits secondaires fabriqués dans des processus intégrés (par exemple le gaz de cokerie) peuvent être négligées dans la méthode sectorielle de type 1 si les données sont de mauvaise qualité ou non disponibles. L'utilisation de combustibles secondaires (produits issus du processus de transformation) doit être prise en compte dans la méthode sectorielle. Si ce n'est pas le cas, la méthode sectorielle sous-estimera les émissions.

Des simplifications dans l'approche de référence. De petites quantités de carbone doivent être incluses dans la méthode de référence car leurs émissions sont classées comme combustion. Ces quantités ont été exclues quand les flux sont trop petits ou quand les données correspondantes ne sont pas disponibles. Des exemples de quantités non prises en compte dans la méthode de référence incluent les lubrifiants utilisés dans les moteurs à deux temps, le gaz de haut-fourneau et les autres gaz dérivés qui sont brûlés dans un autre secteur que celui où ils ont été produits, et la combustion de produits paraffinés dans des incinérateurs avec récupération de chaleur. D'un autre côté, des flux de carbone doivent être exclus de la méthode de référence, mais pour des raisons similaires à celles mentionnées ci-dessus, il n'est pas possible de les exclure sans compliquer exagérément les calculs. Ces flux comprennent les injections de charbon et autres hydrocarbures dans les hauts-fourneaux ainsi que le coke utilisé comme réducteur lors de la fabrication de produits chimiques inorganiques. Les effets de ces simplifications se retrouveront dans la différence entre la méthode de référence et la méthode sectorielle, et si les données sont disponibles, ces différences pourront être quantifiées.

Des informations manquantes sur les variations de stocks au niveau du consommateur final. L'importance des données sur les stocks détenus par les consommateurs dépend de l'approche retenue dans la méthode sectorielle. Si l'on utilise des données sur les livraisons

(ceci est souvent le cas), les variations des stocks détenus par les consommateurs n'ont pas d'importance. Si au contraire la méthode sectorielle utilise la consommation réelle des combustibles, il peut alors se produire avec la méthode de référence une surestimation ou une sous-estimation des émissions qui y sont associées.

Des pertes de distribution élevées ou une consommation non reportée de gaz naturel risquent d'entraîner une surestimation de la méthode de référence ou une sous-estimation des émissions calculées à l'aide de la méthode sectorielle.

Le traitement des transferts et les reclassements de produits énergétiques peuvent entraîner une différence dans l'estimation de la méthode sectorielle étant donné que différents pouvoirs calorifiques inférieurs et facteurs d'émissions sont utilisés en fonction de la classification choisie pour le combustible.

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