Sources principales

En mai 2000, la Session plénière du GIEC, lors de sa 16eme réunion tenue à Montréal, a accepté le rapport intitulé Good Practice Guidance and Uncertainty Management in National Greenhouse Gas Inventories (Guide de bonne pratique et gestion des incertitudes dans les inventaires nationaux de gaz à effet de

serre) . Le rapport donne des orientations pour aider les pays à établir des inventaires qui ne soient ni sous-estimés ni surestimés, pour autant que l'on puisse en juger, et dans lesquels les incertitudes seront aussi minimes que possible. Il sert à étayer la mise au point d'inventaires transparents, documentés, cohérents dans la durée, exhaustifs, comparables, dont les incertitudes sont quantifiées, qui sont soumis à des procédures de contrôle et d'assurance de la qualité, et qui reposent sur une utilisation rationnelle des ressources. Le rapport n'est pas une révision ou une version de remplacement des Lignes directrices du GIEC pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre - version révisée 1996, mais sert de référence pour compléter ces lignes directrices, tout en étant compatible avec elles.

Le choix méthodologique appliqué aux différentes catégories de sources est important pour gérer l'incertitude de l'inventaire global. D'une manière générale, l'incertitude de l'inventaire est moindre lorsque les émissions sont estimées à l'aide des méthodes les plus rigoureuses, mais étant donné le caractère fini des ressources, ce ne sera peut-être pas possible pour toutes les catégories de sources. Afin d'utiliser aussi rationnellement que possible les ressources disponibles, une bonne pratique consiste à identifier les catégories de sources qui contribuent le plus à l'incertitude de l'inventaire global. En recensant ces catégories de sources principales dans l'inventaire national, les entités responsables des inventaires peuvent hiérarchiser les priorités de leurs travaux et améliorer leurs estimations globales. Cette démarche permettra d'améliorer la qualité des inventaires, ainsi que d'accroître la fiabilité des estimations

13. Le lecteur trouvera le rapport IPCC Good Practice Guidance and Uncertainty Management in National Greenhouse Gas Inventories dans le Programme d'inventaires nationaux des gaz à effet de serre (http://www.ipcc-nggip.iges.or.jp).

des émissions. La bonne pratique consiste, pour chaque entité responsable de l'inventaire, à définir de manière systématique et objective les catégories de sources principales.

L'expression catégorie de sources principales désigne une catégorie de sources qui bénéficie d'un rang de priorité élevé dans l'inventaire national car les estimations la concernant influent beaucoup sur l'inventaire total des émissions directes de gaz à effet de serre du pays, que cette influence s'exerce sur le niveau absolu des émissions ou sur l'évolution des émissions ou sur les deux.

Toute entité responsable de l'inventaire ayant déjà préparé un inventaire des émissions sera en mesure d'identifier les catégories de sources principales compte tenu de leur influence sur le niveau absolu des émissions nationales. Pour les entités qui ont préparé une série chronologique, la détermination quantitative des catégories de sources principales devrait comporter une évaluation à la fois du niveau absolu et de l'évolution des émissions. Si l'évaluation ne porte que sur l'influence d'une catégorie de sources sur le niveau global des émissions, elle renseignera peu sur les raisons pour lesquelles cette catégorie de sources est principale. On risque de ne pas inventorier certaines catégories de sources principales si l'influence de l'évolution des émissions n'est pas prise en considération.

Le Good Practice Guidance décrit la méthode de référence de Niveau 1 et la méthode de Niveau 2. La différence fondamentale entre les deux tient à la prise en compte de l'incertitude dans la méthode de Niveau 2.

Dans l'inventaire national de chaque pays, certaines catégories de sources sont particulièrement importantes compte tenu de leur influence sur l'incertitude globale de l'inventaire. Il importe d'identifier ces catégories de sources principales afin de pouvoir définir les priorités d'utilisation des ressources disponibles pour la préparation de l'inventaire et établir les meilleures estimations possibles des catégories de sources les plus significatives.

On pourra tirer le meilleur parti des résultats de la détermination des catégories de sources principales à condition d'effectuer l'analyse au niveau de détail approprié. Le Good Practice Guidance propose les niveaux de détail convenant à l'analyse des diverses catégories de sources du GIEC. Par exemple, la combustion de combustibles fossiles est une grande catégorie de sources d'émissions qui peut être ventilée en sous-catégories, et même au niveau des installations ou des chaudières elles-mêmes. Les conseils ci-après indiquent ce qu'il convient de faire pour choisir le niveau approprié d'analyse afin d'identifier les catégories de sources principales :

• L'analyse devrait être réalisée au niveau des catégories de sources du GIEC (c'est-à-dire au niveau où sont décrites les méthodes du GIEC). Elle devrait utiliser les émissions exprimées en équivalents CO2, calculées à l'aide des potentiels de réchauffement de la planète (PRP) spécifiés pour la préparation des inventaires de gaz à effet de serre des Parties visées à l'Annexe I de la Convention, Première partie : Directives CCNUCC pour la notification des inventaires annuels (Directives CCNUCC).

• Chaque gaz à effet de serre émis par une catégorie de sources devrait faire l'objet d'une évaluation distincte, à moins qu'il ne faille considérer plusieurs gaz ensemble pour des raisons méthodologiques particulières. Par exemple, le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et l'hémioxyde d'azote (N2O) sont rejetés par des sources mobiles. L'évaluation des catégories de sources principales devrait porter sur chacun de ces gaz séparément, parce que les méthodes, les coefficients d'émission et les incertitudes connexes diffèrent pour chacun d'eux. En revanche, il peut s'avérer approprié d'évaluer ensemble les hydrofluorocarbones et les hydrocarbures perfluorés (PFC) pour certaines catégories de sources, telles que les émissions de substituts des substances qui appauvrissent la couche d'ozone (substituts des SAO).

• Les catégories de sources auxquelles s'appliquent les mêmes coefficients d'émission sur la base d'hypothèses communes devraient être agrégées avant l'analyse. Cette méthode peut également aider à traiter les corrélations croisées entre catégories de sources dans l'analyse de l'incertitude. Le même modèle d'agrégation devrait servir à quantifier les incertitudes et à identifier les catégories de sources principales, à moins que les incertitudes des données d'activité associées ne soient très différentes.

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